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Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIRVérifié par Ouafâa MACHRI

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • Lucya Cardif PER affiche 0,50 % de frais annuels sur les unités de compte et 0,70 % sur le fonds en euros, sans rien prélever sur les versements ni les arbitrages.
  • Le contrat référence plus d'un millier d'actions en direct, rareté sur ce type d'enveloppe, mais chaque ligne exige au minimum 3 000 euros d'investissement.
  • Un arbitrage ou un rachat de parts de SCPI dans les trois ans déclenche une pénalité de 3 %, soit sept à huit mois de revenu locatif selon le taux servi.
  • La garantie du fonds en euros porte sur le capital hors frais de gestion : un rendement inférieur à 0,70 % ferait reculer la valeur du support.
  • La conversion en rente viagère coûte jusqu'à 1,5 % par an, un poste que les comparatifs centrés sur les frais de gestion ne font jamais apparaître.

Lucya Cardif PER, ce que le contrat met sur la table

Lucya Cardif PER est un plan d'épargne retraite individuel souscrit en ligne auprès d'un courtier. Il facture 0,50 % de frais de gestion annuels sur les unités de compte, ne prélève rien sur les versements ni sur les arbitrages, et donne accès à plus de deux mille supports pour un premier versement de 500 euros.

Un catalogue parmi les plus larges du marché

L'offre réunit des fonds traditionnels, des trackers indiciels, une vingtaine de SCPI, des sociétés civiles immobilières et, fait rare sur ce type d'enveloppe, plus d'un millier d'actions détenues en direct. Trois modes de gestion coexistent et peuvent se combiner au sein d'un même plan. Comprendre le fonctionnement du PER reste toutefois le préalable à toute comparaison entre distributeurs.

Des comptages à vérifier avant de souscrire

  • Le nombre de supports est annoncé de plus de 2 000 à plus de 2 300 selon la page
  • Les trackers sont dénombrés à plus de 50 d'un côté, plus de 100 de l'autre
  • Plusieurs SCPI figurant encore dans les listes ne sont plus ouvertes
  • Le rendement du fonds en euros 2024 est donné à 2,75 % ici, dans une fourchette de 2,7 à 3,2 % ailleurs

Les frais affichés et leur place sur le marché

Une grille allégée sur les postes visibles

Les frais de gestion annuels ressortent à 0,50 % sur les unités de compte, contre une moyenne de marché d'environ 0,85 %, et à 0,70 % sur le fonds en euros contre 1 % couramment pratiqué. Aucun prélèvement n'est opéré sur les versements, les arbitrages ni les changements de mode de gestion.

Ce que cet écart représente sur vingt ans

Sur 10 000 euros placés pendant vingt ans avec un rendement brut de 6 % par an, un contrat à 0,50 % de frais laisse environ 29 178 euros quand un contrat à 0,85 % n'en laisse que 27 301. L'écart atteint 1 876 euros, soit 6,9 % de capital final supplémentaire, obtenu sans prendre le moindre risque additionnel.

Les postes que la grille ne met pas en avant

Trois prélèvements complètent cette grille selon les choix du souscripteur. Chaque opération sur un tracker ou une action coûte jusqu'à 0,10 %, soit 0,20 % par aller-retour. La gestion déléguée ajoute 0,25 point, portant le total à 0,75 %. Le transfert vers un autre plan coûte enfin jusqu'à 1 % du capital pendant les cinq premières années.

« Un contrat ne se juge pas sur les frais qu'il affiche en première page, mais sur ceux qu'il prélève dans la situation où l'épargnant se trouvera réellement. Entre un plan gardé vingt ans en gestion libre et un plan arbitré chaque année puis transféré, la facture n'a rien de comparable. »

Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits

Les actions en direct, une rareté au seuil élevé

Une possibilité rare sur un plan comme Lucya Cardif PER

Très peu de plans d'épargne retraite donnent accès à des actions détenues en direct. Celui-ci en référence plus d'un millier, ce qui permet de construire un portefeuille sans passer par des fonds et sans supporter leurs frais internes, souvent compris entre 0,20 % et 1,80 % par an.

Le seuil qui limite la portée

Chaque ligne exige au minimum 3 000 euros. Un portefeuille de dix valeurs mobilise donc 30 000 euros, soit soixante fois le versement minimum du contrat. En pratique, la fonctionnalité reste réservée aux encours déjà conséquents, et un épargnant débutant n'y aura pas accès de façon diversifiée.

Nombre de lignesCapital mobiliséMultiple du versement d'entréeDiversification obtenue
1 ligne 3 000 € 6 fois aucune
5 lignes 15 000 € 30 fois faible
10 lignes 30 000 € 60 fois correcte
20 lignes 60 000 € 120 fois satisfaisante

La comparaison avec une enveloppe boursière

Détenir des actions dans un plan bloqué jusqu'à la retraite ne répond pas au même besoin que de les loger dans un PEA, disponible après cinq ans et sans impôt sur le revenu à la sortie. L'intérêt ici tient à la déduction des versements, pas à la souplesse.

La pénalité de trois pour cent sur les parts immobilières

Le prélèvement que les comparatifs de Lucya Cardif PER oublient

Un arbitrage ou un rachat portant sur des parts de SCPI dans les trois ans suivant leur acquisition déclenche une pénalité de 3 %. Cette clause ne figure dans aucune grille tarifaire mise en avant, alors qu'elle modifie sensiblement le calcul pour qui envisage une poche immobilière.

Ce que trois pour cent représentent

Sur une SCPI servant 5,00 % par an, la pénalité équivaut à 7,2 mois de revenu. À 4,50 %, elle en représente 8,0. Autrement dit, un souscripteur qui change d'avis au bout de deux ans perd l'équivalent de plus de six mois de loyers, en plus des frais de souscription déjà supportés par la SCPI elle-même.

Comment l'éviter

  • Ne placer en SCPI que la fraction destinée à rester en place plus de trois ans
  • Vérifier que les SCPI listées sont encore ouvertes à la souscription
  • Intégrer cette pénalité au calcul avant d'arbitrer vers un autre support
  • Se rappeler que les loyers sont réinvestis et non versés en numéraire

Le fonds en euros et ses conditions

Un rendement supérieur au placement garanti de référence

Le fonds en euros a servi 2,75 % nets, avec un capital garanti hors frais de gestion. Sur 10 000 euros, cela représente 275 euros par an contre 170 euros sur le Livret A, soit 105 euros de plus, en contrepartie d'une indisponibilité totale jusqu'à la retraite.

Le bonus et ses conditions

Une majoration pouvant atteindre 1,8 % est annoncée sur ce support pour deux exercices. Elle suppose un versement d'au moins 5 000 euros avant une date limite et une part minimale de 40 % investie en unités de compte. Un bonus conditionné à une prise de risque n'est donc pas un rendement garanti.

La garantie à lire avec précision

La formule retenue est une garantie du capital hors frais de gestion. Concrètement, si le fonds rapportait moins que les 0,70 % prélevés, le capital pourrait diminuer. Ce point n'a rien de théorique, plusieurs fonds en euros ayant servi moins de 1 % au cours des dernières années.

Trois modes de gestion, trois tarifs

ModeFrais annuelsMontant d'accèsCatalogue accessible
Gestion libre 0,50 % 500 € intégralité des supports
Gestion pilotée par profil 0,50 % 500 € allocation prédéfinie
Gestion déléguée 0,75 % 5 000 € sélection du gestionnaire
Actions en direct 0,50 % et 0,10 % par ordre 3 000 € par ligne plus de mille valeurs

Sortie, rente et fiscalité

Le coût de la rente, rarement mis en avant

La conversion du capital en rente viagère entraîne des frais pouvant atteindre 1,5 % par an, ramenés à 1 % en cas de versement unique. Sur un capital de 100 000 euros converti, cela représente 1 500 euros la première année. Plusieurs contrats concurrents affichent 0 % sur ce poste, écart qu'un comparatif centré sur les frais de gestion ne fait jamais apparaître.

Les six portes de sortie avant la retraite

  • Invalidité du titulaire, de son conjoint ou d'un enfant
  • Décès du conjoint ou du partenaire de pacte civil
  • Expiration des droits à l'assurance chômage
  • Surendettement reconnu par la commission compétente
  • Cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire
  • Acquisition de la résidence principale

Ce que la déduction fiscale produit réellement

Les versements se déduisent du revenu imposable, mais le capital correspondant sera imposé au barème à la sortie, et les plus-values au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. À tranche marginale identique entre la vie active et la retraite, l'opération se réduit à un report d'imposition. La place à lui accorder dans l'épargne dépend donc d'abord de l'évolution attendue de cette tranche, et le capital reste bloqué jusqu'à la retraite sauf six cas prévus par la loi. Un contrat d'assurance vie offre la souplesse inverse, sans déduction à l'entrée mais sans blocage.

FAQ : Lucya Cardif PER

Quels sont les frais réels de ce plan ?

Zéro sur les versements, les arbitrages et les changements de mode, 0,50 % par an sur les unités de compte et 0,70 % sur le fonds en euros. S'y ajoutent 0,10 % par opération sur un tracker ou une action, 0,25 point en gestion déléguée, jusqu'à 1,5 % par an en phase de rente et 1 % en cas de transfert dans les cinq ans.

Peut-on vraiment acheter des actions dans ce PER ?

Oui, plus d'un millier de valeurs sont référencées, ce qui reste exceptionnel sur ce type d'enveloppe. Le minimum de 3 000 euros par ligne limite cependant l'usage : un portefeuille de dix valeurs suppose 30 000 euros, soit soixante fois le versement d'entrée.

Que se passe-t-il si l'on revend des parts de SCPI rapidement ?

Un arbitrage ou un rachat dans les trois ans déclenche une pénalité de 3 %, soit l'équivalent de sept à huit mois de revenu locatif selon le taux de la SCPI concernée. Cette poche se conçoit donc sur un horizon d'au moins trois ans, et de préférence bien davantage.

Le capital du fonds en euros est-il totalement garanti ?

La garantie porte sur le capital hors frais de gestion. Si le rendement d'une année tombait en dessous des 0,70 % prélevés, la valeur du support pourrait reculer. La formule est courante sur le marché, mais elle n'équivaut pas à une garantie intégrale.

Le bonus annoncé sur le fonds en euros est-il acquis ?

Non. Il suppose un versement minimal avant une date limite et une proportion donnée investie en unités de compte, donc une exposition au risque de perte en capital. Un rendement majoré obtenu à cette condition ne se compare pas à un taux servi sans contrainte.

Quel montant faut-il pour ouvrir Lucya Cardif PER ?

Cinq cents euros pour le premier versement. La gestion déléguée n'est en revanche accessible qu'à partir de 5 000 euros, et les actions en direct à partir de 3 000 euros par ligne. Le ticket d'entrée affiché ne donne donc pas accès à l'ensemble des fonctionnalités.

Ce plan convient-il à un épargnant peu imposé ?

L'intérêt du montage repose sur la déduction des versements, dont la valeur dépend de la tranche marginale. En dessous d'un certain niveau d'imposition, l'avantage devient marginal et le blocage jusqu'à la retraite pèse davantage que le gain fiscal espéré.

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