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Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIRVérifié par Ouafâa MACHRI

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • Ouverte en avril 2024 et gérée par WEMO REIM, la SCPI Wemo One détient 83 % de son patrimoine hors de France, avec le commerce pour première classe d'actifs.
  • Les 15,27 % de 2025 proviennent d'une collecte multipliée par six et d'un délai de jouissance de six mois, non d'une performance locative reproductible.
  • La société de gestion assume un taux normatif d'environ 7 % par an et vise 10 % en 2026, le dividende trimestriel ayant déjà reculé de 6,95 € à 5,49 € par part.
  • La revalorisation du 1er avril 2026 porte le prix à 210 € alors que l'expertise ne progresse que de 0,72 %, ramenant la décote de 8,56 % à 4,68 %.
  • Le report à nouveau est nul et aucune provision pour travaux n'existe : tout loyer manquant se répercuterait immédiatement sur le dividende versé aux associés.

La SCPI Wemo One, deux ans et 146 millions d'euros

La SCPI Wemo One est une société civile de placement immobilier à capital variable gérée par WEMO REIM, ouverte à la souscription le 22 avril 2024 et investie majoritairement hors de France. Son taux de distribution 2025 atteint 15,27 % brut, le plus élevé du marché, pour un objectif ramené à 10 % en 2026 et une cible de long terme de 7 % par an, non garantie.

Un taux de cette ampleur sur un véhicule de deux ans mérite d'être expliqué avant d'être comparé. Reste à savoir quelle fraction d'un patrimoine peut raisonnablement s'y exposer, ce qui revient à choisir entre plusieurs placements selon son horizon plutôt qu'à retenir le chiffre le plus haut.

Les chiffres clés au 30 juin 2026

  • Prix de souscription de 210 €, prix de retrait de 189 €, minimum de 5 parts soit 1 050 €
  • Capitalisation de 146,4 millions d'euros pour 696 963 parts et 5 750 associés
  • 37 immeubles, taux d'occupation financier de 99,83 %, baux de 6,9 ans en moyenne
  • Valeur de reconstitution de 220,30 €, endettement de 11,2 %
  • Délai de jouissance de six mois, indicateur de risque de 3 sur 7

Un patrimoine à 83 % hors de France

La répartition s'établit à 42,0 % en Italie, 23,0 % en Espagne, 16,8 % en France, 10,1 % en Irlande et 8,1 % au Royaume-Uni. Le commerce pèse 53,1 % des actifs, devant les locaux d'activité à 18,6 %, l'hôtellerie à 8,1 % et la santé à 7,2 %. Les bureaux n'en représentent que 2,4 %, ce qui écarte le risque pesant aujourd'hui sur les SCPI historiques.

Ce que la société de gestion vise réellement

Les objectifs publiés ne sont pas ceux que les comparateurs relaient. WEMO REIM annonce un taux normatif d'environ 7 % par an, une rentabilité interne cible de 7,5 % sur huit ans et une performance globale cible de 8 %. Le 15,27 % de 2025 vaut donc 2,18 fois la cible que la société de gestion s'est fixée.

D'où viennent les 15,27 % de 2025

Un effet de délai de jouissance

Le dividende brut 2025 s'élève à 30,54 € par part, soit 15,27 % du prix de 200 € en vigueur alors. Ce taux n'a rien d'une performance locative : il résulte d'une collecte massive et d'un délai de jouissance de six mois. La capitalisation est passée de 12,7 millions d'euros fin 2024 à 75,07 millions fin 2025, et le nombre de parts de 63 500 à 375 362. Autrement dit, 83 % des parts existantes fin 2025 ont été créées dans l'année : leur argent produisait des loyers, mais ces loyers sont allés aux seuls associés déjà en jouissance, beaucoup moins nombreux.

Le taux normatif admis par la société de gestion

WEMO REIM ne cache pas ce mécanisme et estime que, sans cet effet, le patrimoine aurait rapporté entre 7,5 % et 8 %. Cette fourchette décrit la capacité réelle des immeubles et recoupe le rendement acte en main du portefeuille, mesuré à 8,1 % au premier trimestre 2026. Le 15,27 % est donc exact mais non reproductible.

Ce que la fiscalité étrangère prélève avant vous

Le patrimoine étant à plus de 80 % hors de France, l'impôt local est retenu avant toute distribution. Les 15,27 % sont bruts ; nets de cette fiscalité, ils ressortent à 13,05 %, soit 26,10 € par part au lieu de 30,54 €. L'écart de 4,44 € représente 14,54 % du dividende brut, une ponction permanente. Certaines fiches l'attribuent à tort à une revalorisation du patrimoine, alors que la performance globale annuelle 2025 est elle aussi de 15,27 %. Aucune réduction d'impôt ne vient compenser ce prélèvement, à la différence d'un dispositif comme la SCPI Pinel dont l'intérêt reposait sur un avantage fiscal français.

RéférenceTaux annuelNature
Distribution 2024 (2d semestre) 5,00 % constaté
Distribution 2025 brute 15,27 % constaté
Distribution 2025 nette d'impôt étranger 13,05 % constaté
1er trimestre 2026 annualisé 13,90 % constaté
2e trimestre 2026 annualisé 10,46 % constaté
Objectif 2026 10,00 % non garanti
Cible de long terme 7,00 % non garanti

Le dividende trimestriel a déjà reculé de 21 %

6,95 € puis 5,49 € par part

La normalisation annoncée n'est pas une projection, elle est déjà dans les versements. Le dividende du premier trimestre 2026 a atteint 6,95 € par part en pleine jouissance, soit 3,47 % du prix de 200 € sur un seul trimestre. Celui du deuxième est tombé à 5,49 €, soit 2,61 % du nouveau prix de 210 €. Le recul atteint 21,0 %, et la cadence annualisée passe de 13,90 % à 10,46 %.

Une collecte divisée par 2,5

Le moteur du taux record se tarit en même temps :

  • 33,31 millions d'euros de collecte nette au quatrième trimestre 2025
  • 46,9 millions au premier trimestre 2026, le point haut
  • environ 18,4 millions au deuxième trimestre, soit 87 463 parts nouvelles et un recul de 60,8 %

Moins de souscripteurs en attente de jouissance, c'est mécaniquement moins de surplus à redistribuer aux associés déjà servis.

Ce que l'objectif de 10 % implique

Un objectif de 10 % sur 2026 représente environ 20 € par part. Les deux premiers trimestres ont versé 12,44 €, ce qui laisse 7,56 € pour le second semestre, nettement moins que la moyenne du premier. L'objectif reste atteignable, mais il suppose un second semestre en retrait, cohérent avec la trajectoire observée, et aucun de ces montants n'est garanti. Pour qui vise un revenu de complément à l'échéance de la retraite plutôt qu'immédiat, ouvrir un PER répond à une autre logique, avec un capital bloqué en échange d'une déduction à l'entrée.

La revalorisation de la SCPI Wemo One au 1er avril 2026

Un prix qui monte plus vite que l'expertise

Le prix de souscription est passé de 200 € à 210 €, soit exactement 5,00 %. Dans le même temps, la valeur de reconstitution n'a progressé que de 218,73 € à 220,30 €, soit 0,72 %. La hausse du prix ne traduit donc pas une appréciation du patrimoine de même ampleur : elle consomme la décote. Celle-ci passe de 8,56 % à 4,68 %, soit 3,89 points de marge de sécurité en moins pour l'acheteur.

Les trois valeurs de référence

Trois valeurs encadrent le prix sans dire la même chose :

  • la valeur de reconstitution, 220,30 € au 30 juin 2026, soit le coût de reconstituer le patrimoine, frais compris
  • la valeur de réalisation, 191,49 € au 31 décembre 2025, soit la valeur nette des immeubles sans ces frais
  • la valeur retenue pour l'impôt sur la fortune immobilière, 184 € par part au 1er janvier 2025

Payer 210 € une part dont la dernière valeur de réalisation publiée est de 191,49 € revient à acquitter 9,67 % au-dessus de la valeur nette des actifs. Cet écart correspond pour l'essentiel aux frais d'acquisition et se résorbe avec le temps.

Ce que coûte l'entrée à 210 €

L'écart entre le prix payé et le prix de retrait est de 21 €, soit 10,00 % exactement, la commission de 12 % toutes taxes comprises correspondant à 10 % hors taxes. Ce taux était identique à 200 € contre 180 €. La gestion prélève par ailleurs 13,20 % toutes taxes comprises des loyers encaissés.

Par partAvant le 1er avril 2026Depuis le 1er avril 2026
Prix de souscription 200 € 210 €
Prix de retrait 180 € 189 €
Coût d'entrée 10,00 % 10,00 %
Valeur de reconstitution 218,73 € 220,30 €
Décote sur l'expertise 8,56 % 4,68 %

Un taux d'occupation à lire dans le détail

3,3 % de vacance sous garantie

Le taux d'occupation financier de 99,83 % au 30 juin 2026 se décompose en 96,53 % de locaux loués et 3,30 % de locaux vacants dont le loyer est couvert par une garantie. L'occupation réelle est donc de 96,53 %, ce qui reste très bon, mais la différence compte : une garantie a une durée, et son extinction fait apparaître la vacance.

37 immeubles de 2,5 millions en moyenne

Le patrimoine comptait 28 actifs pour 71,7 millions d'euros d'expertise fin 2025, soit environ 2,56 millions par immeuble, et 37 actifs au 30 juin 2026. Cette taille réduite est un choix : elle permet d'acheter à des rendements supérieurs, de 7,5 % à 8,1 % acte en main, mais expose à un marché d'acquéreurs plus étroit à la revente. Les sources divergent sur le nombre de locataires, entre 34 et 47.

Des baux de 6,9 ans

La durée ferme résiduelle moyenne des baux est passée de 5,1 ans au 31 mars 2026 à 6,9 ans au 30 juin : les acquisitions récentes sont assorties d'engagements plus longs. C'est l'indicateur le plus rassurant du dossier, et le seul qui s'améliore pendant que le rendement se normalise.

Ce qui reste à surveiller sur la SCPI Wemo One

Aucune réserve constituée

Le report à nouveau est nul et aucune provision pour gros travaux n'est constituée : le véhicule distribue tout son résultat. C'est cohérent avec une phase de croissance, mais un loyer manquant se répercute alors immédiatement sur le dividende, sans amortisseur.

« Une SCPI qui distribue tout ne garde rien pour lisser. Tant que la collecte progresse, personne ne le remarque. Le jour où elle ralentit, le dividende suit le loyer sans amortisseur, et c'est à ce moment-là que se mesure la qualité d'une gestion. »

Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits

Un endettement qui peut plus que doubler

L'endettement s'établit à 11,2 % de la valeur d'expertise, un niveau prudent, mais la société de gestion vise un plafond de 27 %, pour une limite légale de 40 %. Un passage au-delà de 27 % ferait évoluer l'indicateur de risque de 3 à 4 sur 7. Le levier amplifie le rendement quand les loyers montent et les pertes quand ils baissent.

Six mois sans revenu à l'entrée

L'entrée en jouissance intervient le premier jour du septième mois suivant la souscription. À l'objectif de 10 %, une souscription réalisée en début d'année ne produit donc que 5,00 % sur la première année civile, soit 500 € pour 10 000 € investis au lieu de 1 000 €. Ce délai, qui a fabriqué le taux de 2025, pénalise tout nouvel entrant. Pour la part du patrimoine devant rester disponible, un livret d'épargne réglementé répond à un besoin que ce support ne couvre pas.

FAQ : SCPI Wemo One

Le taux de 15,27 % peut-il se reproduire ?

Non, et la société de gestion ne le prétend pas. Ce taux provient d'une collecte multipliée par six en un an et d'un délai de jouissance de six mois, qui a concentré les loyers sur peu d'associés servis. Le taux normatif annoncé est d'environ 7 % par an, non garanti.

Quel rendement attendre de la SCPI Wemo One en 2026 ?

L'objectif affiché est de 10 %, non garanti, soit environ 20 € par part. Les versements du premier semestre, 6,95 € puis 5,49 €, montrent une cadence déjà décroissante, et un nouvel associé doit retrancher six mois de jouissance sur sa première année.

Pourquoi le prix de la SCPI Wemo One est-il passé à 210 € ?

La revalorisation du 1er avril 2026 porte le prix de 200 € à 210 €. Elle est permise par un prix inférieur à la valeur de reconstitution, mais celle-ci n'a progressé que de 0,72 % sur la même période. La hausse réduit donc la décote plus qu'elle ne reflète une appréciation du patrimoine.

Quels sont les frais réels à l'achat ?

L'écart entre le prix de souscription de 210 € et le prix de retrait de 189 € est de 10,00 %, soit la commission de 12 % toutes taxes comprises exprimée hors taxes. La gestion prélève en plus 13,20 % toutes taxes comprises des loyers encaissés.

Faut-il déclarer ces revenus en France ?

Oui, même déjà imposés à l'étranger. L'écart entre le taux brut de 15,27 % et le taux net de 13,05 % correspond à cet impôt local. Selon les conventions applicables, le revenu ouvre droit à un crédit d'impôt ou reste exonéré tout en entrant dans le calcul de votre taux d'imposition ; la notice fiscale annuelle précise les montants à reporter.

Combien de temps faut-il pour revendre ses parts ?

Aucune part n'était en attente de retrait, les sorties sont donc servies. Elles sont financées par les souscriptions nouvelles, qui ont reculé de 60,8 % au deuxième trimestre 2026. Un ralentissement prolongé de la collecte allongerait les délais, comme l'ont montré plusieurs véhicules plus anciens.

À quel profil ce support peut-il convenir ?

À un investisseur disposant d'un horizon de dix ans au moins, qui comprend que le taux de 2025 n'est pas reconductible et accepte une exposition majoritairement européenne, donc une fiscalité étrangère prélevée en amont. Le capital et les revenus ne sont jamais garantis.

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