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Assurance de prêt immobilier maladie d'Alzheimer

Arsalain EL KESSIR
Assurance de prêt immobilier maladie d'Alzheimer

✍ Les points à retenir

  • La maladie d'Alzheimer génère les surprimes les plus élevées du marché, atteignant 300 % à 500 % de la prime de base lorsque l'assureur accepte exceptionnellement de couvrir le dossier.
  • Les troubles cognitifs légers et les porteurs asymptomatiques du gène APOE4 font l'objet d'une évaluation distincte du diagnostic formel, ouvrant parfois la voie à une couverture négociable.
  • Le bilan neuropsychologique régulier avec scores MMSE et MoCA stables constitue un élément déterminant pour démontrer une évolution lente auprès des médecins-conseils des compagnies.
  • Les antécédents familiaux ne doivent généralement pas être déclarés, les questionnaires portant uniquement sur la santé personnelle de l'emprunteur, sauf mention explicite contraire.
  • L'écrêtement AERAS plafonne la surprime à 1,4 point dans le TAEG pour les revenus modestes, mécanisme particulièrement précieux face aux majorations très élevées appliquées à cette pathologie.

Maladie d'Alzheimer et assurance de prêt immobilier : définition et enjeux

La maladie d'Alzheimer est une affection neurodégénérative irréversible touchant 1,2 million de personnes en France. Son caractère évolutif et son impact sur l'autonomie en font l'un des antécédents les plus complexes pour l'assurance emprunteur.

Une pathologie irréversible aux conséquences majeures

La maladie évolue en trois phases : troubles de mémoire et désorientation légère, puis altération du jugement et perte d'autonomie progressive, enfin dépendance totale. L'espérance de vie après diagnostic est en moyenne de 8 à 10 ans. Cette évolution irréversible explique les refus quasi systématiques en souscription standard.

Les profils nécessitant une analyse distincte

Les troubles cognitifs légers (MCI) et les antécédents familiaux sans manifestation clinique font l'objet d'une analyse différente du diagnostic formel. Les porteurs du gène APOE4 asymptomatiques ou les emprunteurs présentant des troubles mnésiques bénins liés à l'âge peuvent parfois obtenir une couverture, sous conditions restrictives, auprès d'assureurs spécialisés.

Peut-on souscrire une assurance de prêt avec la maladie d'Alzheimer

L'accès à l'assurance est extrêmement contraint :

  • Antécédents familiaux sans symptômes : surprime légère à modérée, exclusions rares
  • Troubles cognitifs légers (MCI) : surprime importante, exclusions démence et complications
  • Alzheimer stade léger diagnostiqué : refus quasi systématique en standard
  • Alzheimer modéré à sévère : refus systématique, solutions alternatives nécessaires

La loi Lemoine constitue souvent la seule voie d'accès pour les personnes diagnostiquées. Les alternatives (nantissement, hypothèque, quotité sur le co-emprunteur) doivent être explorées en parallèle. La Convention AERAS offre un recours en risque aggravé.

Maladie d'Alzheimer et questionnaire de santé : ce qu'il faut déclarer

La loi Lemoine a introduit une dispense de questionnaire médical pour les prêts dont le montant assuré par tête ne dépasse pas le plafond légal défini. Pour les emprunteurs éligibles, la souscription s'effectue aux conditions standard sans déclaration. Pour les autres, l'obligation de bonne foi s'applique et les informations suivantes doivent être préparées :

  • Date du diagnostic et médecin l'ayant établi
  • Stade de la maladie (léger, modéré, sévère)
  • Résultats des tests neuropsychologiques (MMSE, MoCA)
  • Imageries cérébrales (IRM, TEP scan)
  • Traitements en cours et leur efficacité
  • Degré d'autonomie préservé (échelles ADL, IADL)

Un dossier médical complet et récent améliore significativement les conditions de souscription. La lettre de synthèse du spécialiste référent est un élément particulièrement valorisant pour le médecin-conseil qui évalue le dossier.

Les garanties d'assurance (DC, PTIA, ITT) avec la maladie d'Alzheimer

Pour un diagnostic confirmé, toutes les garanties sont impactées. La garantie décès peut exceptionnellement être accordée avec surprime très élevée. La garantie PTIA et les garanties d'incapacité sont généralement refusées. Pour les troubles cognitifs légers, des conditions intermédiaires peuvent être proposées par certains assureurs spécialisés.

Le tableau ci-dessous récapitule les conditions habituelles selon le profil.

Profil médicalDCPTIAITT
Antécédents familiaux sans symptômes Surprime légère Standard Standard ou exclusion ciblée
Troubles cognitifs légers (MCI) Surprime importante Exclusion démence Exclusion neurologique
Alzheimer diagnostiqué stade léger Refus ou surprime très élevée Refus fréquent Refus
Alzheimer modéré à sévère Refus systématique Refus Refus

Comment optimiser sa souscription d'assurance avec la maladie d'Alzheimer

La délégation d'assurance garde une pertinence pour les troubles cognitifs légers et les antécédents familiaux. Pour un diagnostic confirmé, structurer le prêt pour bénéficier de la dispense de questionnaire (loi Lemoine) est souvent la seule voie réaliste. Les alternatives (nantissement d'assurance-vie, hypothèque, quotité 100 % sur le co-emprunteur) doivent être explorées avec l'établissement prêteur.

LevierActionBénéfice
Bilans médicaux récents Actualiser les examens avant la souscription Évaluation sur la situation actuelle
Timing de souscription Engager les démarches en période de stabilité Profil médical le plus favorable
Mise en concurrence Solliciter des assureurs spécialisés Conditions calibrées au risque réel
Résiliation à tout moment Renégocier si la situation s'améliore Conditions optimisées en cours de prêt

En cas de refus, la Convention AERAS impose un examen structuré à trois niveaux successifs incluant des réassureurs spécialisés. Un mécanisme d'écrêtement des surprimes est prévu pour les emprunteurs aux revenus modestes.

« La maladie d'Alzheimer diagnostiquée conduit quasi systématiquement à un refus en souscription standard. La loi Lemoine est souvent la seule voie d'accès. Pour les troubles cognitifs légers ou les antécédents familiaux, des solutions existent auprès d'assureurs spécialisés. »

Arsalain EL KESSIR, Fondateur de BoursedesCrédits

BoursedesCrédits : accompagnement pour votre assurance emprunteur

Expertise en pathologies neurodégénératives

BoursedesCrédits explore toutes les solutions disponibles pour les emprunteurs confrontés à la maladie d'Alzheimer : identification des rares assureurs ouverts aux troubles cognitifs débutants, structuration du financement pour bénéficier de la loi Lemoine, et négociation de montages alternatifs avec les banques partenaires.

Accompagnement et solutions alternatives

La comparaison des offres reste pertinente pour les profils intermédiaires. Pour les diagnostics confirmés, l'accompagnement se concentre sur les solutions alternatives permettant de concrétiser le projet immobilier malgré l'impossibilité d'obtenir une assurance classique.

FAQ : assurance emprunteur et la maladie d'Alzheimer

Alzheimer entraîne-t-il un refus systématique ?

Oui dans la grande majorité des cas pour un diagnostic confirmé. Seuls les troubles cognitifs légers ou les antécédents familiaux peuvent parfois obtenir une couverture restrictive.

La loi Lemoine est-elle la seule solution ?

Souvent oui pour les diagnostics confirmés. Les alternatives (nantissement, hypothèque) complètent la démarche pour les projets dépassant le plafond légal.

Les antécédents familiaux doivent-ils être déclarés ?

La plupart des questionnaires portent sur la santé personnelle. Lisez attentivement chaque question et répondez précisément à ce qui est demandé.

Mon conjoint peut-il porter seul l'assurance ?

Oui, le conjoint en bonne santé peut assurer le prêt à 100 %. Cette stratégie nécessite que ses revenus suffisent pour la banque.

Un diagnostic après la souscription remet-il en cause le contrat ?

Non, le contrat reste valable si la déclaration initiale était sincère. Le diagnostic survenu après n'a pas à être signalé.

La Convention AERAS aide-t-elle ?

Elle offre un recours mais ses possibilités restent limitées pour un diagnostic formel. Elle est plus utile pour les troubles cognitifs légers.

Peut-on changer d'assurance après diagnostic ?

Le droit à la résiliation existe mais un nouvel assureur refusera probablement. Le contrat initial reste souvent la meilleure protection.

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