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Arsalain EL KESSIR

Écrit par Arsalain EL KESSIRVérifié par Ouafâa MACHRI

Mis à jour le

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✍ Les points à retenir

  • Une assurance de prêt immobilier reste accessible après un cancer, avec des conditions qui dépendent du cancer, du traitement et de l'ancienneté de la rémission.
  • Le droit à l'oubli dispense de déclarer un cancer cinq ans après la fin du protocole, sans rechute, pour un contrat finissant avant 71 ans.
  • Avant ce délai, la grille de référence de la convention AERAS peut ouvrir des conditions standard ou encadrées, mais l'antécédent reste à déclarer.
  • Aucun questionnaire médical n'est exigé si la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par assuré et que le prêt finit avant 60 ans.
  • Un refus n'est pas définitif : examen à plusieurs niveaux, autre assureur en délégation, puis médiateur de l'assurance en cas de désaccord.

Assurance de prêt immobilier et cancer : droit à l'oubli, convention AERAS et solutions concrètes

Obtenir une assurance de prêt immobilier avec un antécédent de cancer est possible : selon la situation, l'emprunteur peut s'appuyer sur le droit à l'oubli, sur un dispositif conventionnel d'examen des dossiers ou sur la suppression du questionnaire médical sous conditions. Les conditions proposées varient selon le type de cancer, le stade au diagnostic, l'ancienneté de la rémission et le protocole de traitement suivi.

Un cancer traité depuis plusieurs années sans rechute est évalué très différemment d'une pathologie encore en phase de traitement. Le moment où l'emprunteur souscrit compte donc autant que la nature de la maladie : quelques mois peuvent séparer un dossier soumis à surprime d'un dossier dispensé de toute déclaration.

Pour les dossiers qui ne peuvent pas être acceptés aux conditions standard, la convention AERAS organise un examen à plusieurs niveaux et une grille de référence propre à certains cancers.

Comment l'assureur évalue-t-il un cancer ?

Les critères d'analyse médicale

L'assureur évalue le type de cancer (localisation, grade, stade TNM), le protocole de traitement (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, immunothérapie, hormonothérapie), l'ancienneté de la rémission, les résultats du suivi oncologique et les éventuelles rechutes. Le questionnaire médical oriente le dossier vers un médecin-conseil, qui l'analyse selon les tables de mortalité et de morbidité de l'assureur.

Un dossier complet accélère l'instruction et pèse sur la décision : compte rendu opératoire, comptes rendus d'anatomopathologie, attestation de fin de traitement de l'oncologue datant précisément la fin du protocole, et derniers bilans de surveillance. Lorsque le dossier ne peut pas être accepté aux conditions standard, il est transmis à un service médical spécialisé, puis, si nécessaire, à un troisième niveau d'examen.

Le droit à l'oubli et la grille de référence AERAS

Depuis 2022, le droit à l'oubli dispense de déclarer un cancer cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, en l'absence de rechute, quel que soit le type de cancer et l'âge au diagnostic. Il suppose aussi que le contrat d'assurance prenne fin avant le 71e anniversaire de l'emprunteur, et s'applique dans les limites de montant prévues par la convention.

Avant ce délai, la grille de référence de la convention prévoit, pour certains cancers, un accès à l'assurance sans surprime ni exclusion ou à des conditions encadrées, après un délai propre à chaque pathologie. Contrairement au droit à l'oubli, elle ne dispense pas de déclarer l'antécédent. Les délais applicables dépendent de la version en vigueur de la grille et de la localisation du cancer.

Quel impact le cancer a-t-il sur le contrat : surprimes, exclusions, conditions ?

Les conséquences selon le stade et l'ancienneté de la rémission

La garantie décès est généralement la plus accessible, même pour les profils présentant un risque médical élevé. Les garanties d'incapacité et d'invalidité font l'objet d'une analyse plus stricte : elles peuvent être accordées avec surprime, limitées en durée ou exclues pour les sinistres liés au cancer.

  • Cancer en cours de traitement : refus fréquent aux conditions standard ; les garanties d'incapacité et d'invalidité sont généralement refusées. L'examen à plusieurs niveaux reste la principale voie d'accès.
  • Rémission de moins de cinq ans : surprime possible, dont le niveau dépend du cancer et de son ancienneté ; exclusion fréquente des sinistres liés au cancer sur les garanties d'incapacité ; acceptation plus fréquente sur la garantie décès.
  • Rémission de plus de cinq ans, hors droit à l'oubli : lorsque le contrat se prolonge au-delà du 71e anniversaire, l'antécédent reste à déclarer ; la grille de référence et l'ancienneté de la rémission jouent alors en faveur de conditions proches du standard.
  • Droit à l'oubli applicable (cinq ans sans rechute après la fin du protocole, contrat prenant fin avant 71 ans) : conditions standard, sans surprime ni exclusion liée au cancer. L'antécédent n'a plus à figurer dans le questionnaire.

Lorsqu'une surprime est appliquée, elle peut être temporaire ou dégressive : certains contrats la réduisent ou la suppriment au fil des années de rémission. Ce point se lit aux conditions particulières, avant d'accepter la proposition.

La suppression du questionnaire médical par la loi Lemoine

Depuis la loi Lemoine, aucun questionnaire médical ne peut être exigé lorsque la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par assuré, sur l'ensemble de ses prêts immobiliers, et que le remboursement s'achève avant son 60e anniversaire. L'assureur ne peut alors ni appliquer de surprime liée au cancer, ni exclure de garanties, ni refuser la couverture sur ce fondement.

Cette dispense joue aussi lors d'un changement d'assurance en cours de prêt, les deux conditions étant appréciées à la date du changement.

Quelles solutions pour assurer son prêt avec un cancer ?

Plusieurs leviers permettent d'améliorer les conditions proposées, à commencer par le choix du contrat et des garanties.

Le contrat groupe bancaire applique des grilles mutualisées, souvent peu adaptées aux profils qui ont un antécédent de cancer. La délégation d'assurance permet de s'adresser à des assureurs qui étudient ces dossiers au cas par cas, selon leurs propres conditions de souscription, dès lors que les garanties sont équivalentes à celles exigées par la banque.

Profil de l'emprunteurGarantie décèsGaranties incapacité et invaliditéEffet sur le tarif
Cancer en cours de traitement Refus fréquent ou examen renforcé Généralement refusées Non applicable (refus fréquent)
Rémission de moins de cinq ans Souvent accordée avec surprime Limitées ou exclues Surprime selon le cancer et son ancienneté
Cancer figurant dans la grille de référence, délai atteint Accordée selon la grille Accordées selon la grille Sans surprime ni exclusion, ou conditions encadrées
Droit à l'oubli applicable Conditions standard Conditions standard Aucune surprime liée au cancer
Questionnaire supprimé (part assurée jusqu'à 200 000 €, fin avant 60 ans) Conditions standard Conditions standard Aucune (pas de déclaration)

Le choix des garanties compte aussi. Après un cancer, une reprise du travail à temps partiel thérapeutique est fréquente : certains contrats proposent une garantie d'incapacité temporaire partielle qui prend en charge une partie des échéances dans cette situation. Pour un couple, répartir la couverture en tenant compte de l'antécédent de l'un des deux peut aussi limiter l'effet d'une surprime ou d'une exclusion sur le foyer.

Pour solliciter plusieurs assureurs, un même dossier médical complet, avec l'attestation de fin de traitement et les derniers bilans de surveillance, évite de multiplier les demandes de pièces et accélère les réponses.

« Avec le droit à l'oubli et la suppression du questionnaire médical, de nombreux anciens malades du cancer peuvent aujourd'hui assurer leur prêt immobilier aux conditions standard. L'enjeu pour l'emprunteur est de savoir quel dispositif s'applique à sa situation et de solliciter plusieurs assureurs, car les décisions pour un même profil oncologique varient d'un assureur à l'autre. »

Arsalain EL KESSIR – Fondateur de BoursedesCrédits

Pour un même antécédent, les décisions et les tarifs varient d'un assureur à l'autre ; le comparateur d'assurance de prêt permet de soumettre un dossier à plusieurs contrats.

Que faire en cas de refus d'assurance lié au cancer ?

Un refus initial n'est pas définitif. L'examen à plusieurs niveaux garantit une analyse approfondie du dossier, et le contrat d'un prêt immobilier peut être remplacé à tout moment si l'état de santé s'améliore ou si le délai du droit à l'oubli est atteint.

Pour les risques aggravés de santé, plusieurs leviers se combinent :

  • Contester la décision médicale : demander la motivation du refus ou de la surprime et transmettre des examens oncologiques récents (imagerie, marqueurs, bilan de suivi) ; le médecin-conseil peut réévaluer le dossier.
  • Solliciter l'écrêtement des surprimes : pour les emprunteurs aux revenus modestes, un mécanisme conventionnel peut prendre en charge une partie de la surprime, sous conditions de ressources.
  • Proposer une garantie alternative : hypothèque, caution ou répartition différente de la couverture entre co-emprunteurs, si le prêteur l'accepte, lorsque l'assurance reste inaccessible.

Un refus ou une surprime jugée excessive peut aussi être soumis au service réclamation de l'assureur, puis au médiateur de l'assurance, qui rend un avis. Dans tous les cas, conserver une trace écrite des motifs avancés facilite la suite des démarches auprès d'un autre assureur.

Exemple : un emprunteur dont le protocole s'est terminé en mars 2022 atteint le délai du droit à l'oubli en mars 2027, en l'absence de rechute. S'il a dû accepter une surprime en 2025, il peut alors demander un nouveau contrat sans déclarer l'antécédent, à condition que celui-ci prenne fin avant son 71e anniversaire.

FAQ : assurance de prêt immobilier et cancer

Peut-on obtenir une assurance de prêt immobilier avec un cancer en cours de traitement ?

C'est plus difficile, mais pas exclu. Le dossier passe par un examen à plusieurs niveaux ; les conditions sont plus strictes (surprime, exclusions, garanties limitées au décès) et le refus n'est pas systématique.

Le droit à l'oubli s'applique-t-il à tous les cancers ?

Oui. Depuis 2022, tous les cancers sont concernés, quel que soit l'âge au diagnostic, cinq ans après la fin du protocole thérapeutique et sans rechute, pour un contrat qui prend fin avant le 71e anniversaire. Il n'existe pas d'exception sans délai.

Est-il obligatoire de déclarer un ancien cancer ?

Non, si le droit à l'oubli s'applique ou si le questionnaire médical est supprimé (part assurée jusqu'à 200 000 € par assuré, fin du prêt avant 60 ans). Dans les autres cas, la déclaration reste obligatoire, même si la grille de référence améliore les conditions proposées.

Quelle différence entre exclusion et surprime ?

L'exclusion supprime la couverture des sinistres liés au cancer. La surprime maintient la couverture moyennant une cotisation majorée. Les deux peuvent être combinées selon le profil.

La convention AERAS est-elle automatique ?

Oui pour le deuxième niveau d'examen, auquel le dossier est transmis sans démarche lorsqu'il ne peut pas être accepté aux conditions standard. Le troisième niveau intervient si aucune proposition n'en ressort, dans les limites de montant et d'âge du dispositif.

Peut-on changer d'assurance si sa rémission progresse ?

Oui, à tout moment pour un prêt immobilier. Une rémission prolongée ou l'atteinte du délai du droit à l'oubli peut justifier un nouveau contrat sans surprime liée au cancer, à garanties équivalentes.

Un refus d'assurance pour cancer est-il définitif ?

Non. Le dossier peut être réexaminé à un niveau supérieur ou soumis à un autre assureur, les décisions variant sensiblement d'un assureur à l'autre pour un même profil.

Quelles garanties vérifier en priorité avec un antécédent de cancer ?

Le décès et la perte totale d'autonomie, exigés par les banques, puis l'incapacité et l'invalidité, où se concentrent les exclusions. Un cancer diagnostiqué après la souscription reste couvert si la déclaration initiale était complète, sous réserve des exclusions prévues au contrat.

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